L’argent fait-il le bonheur ? Cette question n’est pas nouvelle : philosophes, hommes politiques et économistes s’intéressent depuis longtemps à ce sujet. Les premières réponses scientifiques, en revanche, ont moins de 10 ans. Si nous connaissons tous de personnes ayant un parti pris définitif sur la question, la recherche en psychologie et en sciences économiques nous apporte enfin des éléments de réponse précis et étayés pour trancher le débat. Voyons donc si, oui ou non, l’argent fait le bonheur.

 

Comment mesurer le bonheur ?

Avant même de savoir si on peut se « payer » du bonheur, encore faut-il savoir de quoi on parle. Dans la recherche scientifique, il existe de nombreuses échelles permettant de situer une personne en termes d’épanouissement personnel. En psychologie positive, et plus particulièrement dans les travaux qui nous intéressent, on utilise deux mesures complémentaires pour mesurer le bonheur :

  • La satisfaction dans la vie.
  • Le bien-être émotionnel.

La satisfaction dans la vie

Outils de mesure

Pour savoir si les gens sont satisfaits de leur vie, on utilise en général l’échelle de mesure de Cantril. Les participants aux études répondent alors à une question de ce type :

« Voici une échelle qui représente l’échelle de la vie. Supposons que le sommet de l’échelle représente la meilleure vie possible pour vous, et le bas de l’échelle la pire vie possible pour vous. Où vous situez-vous personnellement sur cette échelle en ce moment ? »

Grâce à cette évaluation sur un continuum allant de 0 à 10, on obtient une mesure assez globale et robuste de la satisfaction et du bonheur.

Le bien-être émotionnel

Pour évaluer le bien-être émotionnel, on demande aux participants d’indiquer la manière dont ils se sont sentis la veille de la passation de l’enquête. Pour ce faire, on leur propose une liste d’émotions, et ils doivent indiquer celles qu’ils ont ressenties. Cette liste contient un certain nombre d’émotions positives et négatives. On agrège ensuite ces réponses pour obtenir un score d’émotions positives et un score d’absence d’émotions négatives.

La présence d’émotions positives est fortement liée au bonheur. Néanmoins, cela n’implique pas nécessairement une faible présence d’émotions négatives. C’est pourquoi on mesure également ces dernières. Le fait de ne ressentir que peu d’émotions négatives est, ici aussi, lié au bonheur. Mais, là encore, le fait de ne pas ressentir d’émotions négatives ne signifie pas pour autant que l’on ressent des émotions positives. On peut très bien être dans une neutralité ou une apathie émotionnelle. Ainsi, ces deux scores, complémentaires, sont indispensables pour mesurer correctement le bien-être émotionnel, et donc le bonheur.

 

Niveau de salaire et épanouissement personnel

Maintenant que la manière dont on mesure le bonheur a été clarifiée, revenons à notre question initiale. Pour y répondre, les chercheurs mesurent donc le bonheur, mais demandent aussi aux participants leur niveau de revenus sur une année. Deux grandes études ont été menées spécifiquement sur ce sujet. Commençons par celle qui a pour la première fois mis « un chiffre sur le bonheur ».

La première recherche précise sur le sujet

Cette première étude [1] a été publiée en 2010 par deux prix Nobel d’économie (Daniel Kahneman et Angus Deaton). Elle se limitait aux États-Unis, et portait sur 1000 habitants. Ses principaux résultats sont les suivants :

  • La satisfaction dans la vie augmente avec les revenus, et ce de manière forte jusqu’à 120 000$/an.
  • Le bien-être émotionnel s’améliore jusqu’à des revenus de 75 000$/an. Au-delà, on observe une saturation (même avec des revenus plus élevés, le bien-être émotionnel cesse de s’améliorer).
  • La souffrance émotionnelle est exacerbée par les revenus plus faibles. De même, la satisfaction dans la vie est bien plus faible lorsque les revenus sont peu élevés.

Même si l’échantillon de cette recherche reste limité, Daniel Kahneman et Angus Deaton ont pour la première fois dégagé un lien clair entre revenus et bonheur. Depuis cette étude, on insiste beaucoup sur ce chiffre de 75 000$ par an (6250$ par mois), qui a fait couler beaucoup d’encre et suscité un vif débat. Un certain chef d’entreprise américain a même fait parler de lui il y a quelques années en révisant sa politique salariale sur la base des résultats de cette étude.

Une vision plus récente, et plus complète

Une femme comptant des dollars américainsUne deuxième étude[2], publiée en 2018, a porté sur 1,7 millions de personnes réparties dans 164 pays. Les chercheurs ont ici pris en compte la taille du foyer. Cela signifie que les chiffres listés ci-dessous correspondent systématiquement au revenu annuel pour 1 individu seul. Par ailleurs, il est à noter que les revenus sont rapportés au coût de la vie du pays, et transformés en équivalent en dollars pour assurer une comparabilité des résultats entre les différentes parties du monde. Au niveau mondial, on peut résumer les conclusions de ces travaux en 3 points :

  • La satisfaction dans la vie augmente avec les revenus, et sature à 95 000$/an (environ 85 000€).
  • Les émotions positives augmentent avec les revenus, mais saturent quant à elles à 60 000$ de revenu annuel (environ 50 000€).
  • Les émotions négatives baissent également avec les revenus. Cette baisse stagne aux alentours de 75 000$/an (environ 65 000€).

En regardant l’ensemble du monde, on constate globalement que la saturation de l’effet est plus « chère » dans les pays riches. Cela signifie qu’il faut gagner plus pour atteindre le « plafond » de bonheur lié à l’argent dans les pays occidentaux (tout en gardant à l’esprit que le coût de la vie est pris en compte dans les calculs). Dans l’ensemble, cette étude donne des résultats assez proches de la précédente.

Les chiffres pour l’Europe

Si cette recherche est plus précise que la précédente, elle ne permet pas pour autant d’analyser les données pays par pays. Néanmoins, afin que ces chiffres soient plus parlants, j’ai listé ci-dessous les résultats de l’Europe de l’ouest, en euros :

  • La satisfaction dans la vie augmente avec les revenus, et sature à 90 000€/an (environ 100 000$/an).
  • Le bien-être émotionnel (augmentation des émotions positives et baisse des émotions négatives) cesse de s’améliorer au-delà de 45 000€ de revenu par an (environ 50 000$).

Pour rendre les choses encore plus concrètes, on peut dire que, dans l’ensemble, les habitants d’Europe de l’ouest cessent de voir leur satisfaction augmenter au-delà de 7400€ de revenu mensuel. Le bien-être émotionnel, quant à lui, « coûte moins cher » avec un plafond à 3700€ par mois.

Calculer le lien entre bonheur et revenus en fonction de la taille du foyer

Encore une fois, il est important de préciser que ces chiffres concernent les personnes seules. Pour obtenir une estimation en fonction de la taille du foyer, il faut multiplier ces revenus par la racine carrée du nombre de personnes le composant. Par exemple, si un foyer compte 4 individus, on multipliera les chiffres précédents par 2. Dans ce cas, le plafond en termes de satisfaction sera atteint aux alentours de 180 000€ par an. Quant au bien-être émotionnel des membres de ce foyer, il ne s’améliorera plus avec les revenus au-delà de 90 000€ par an. Cela signifie que s’il s’améliore, cela n’aura aucun lien avec les euros supplémentaires gagnés dans l’année.

En Europe, plus on gagne d'argent et plus on est heureux. Le bonheur n'augmente plus avec les revenus une fois qu'on dépasse les 7400€ par mois. Cliquez pour tweeter

 

Les limites de la relation entre argent et bonheur

Si ces chiffres vous paraissent élevés, ou contraires à votre ressenti, notez qu’il existe des variations au sein même de chaque pays, mais aussi entre individus. D’ailleurs, l’effet de comparaison sociale joue un rôle fort sur la saturation de la corrélation entre bonheur et revenus.

Mais qu’est-ce au juste que l’effet de comparaison sociale ? C’est un processus cognitif qui consiste à s’évaluer en se comparant aux autres. Il ne concerne d’ailleurs pas que les revenus et la satisfaction dans la vie mais aussi la formation, les relations sociales ou d’autres domaines. Cela fonctionne d’autant plus que l’on peut se comparer à des personnes réelles, que l’on connaît. Ainsi, d’une manière générale, plus il existe de salaires élevés dans un pays, plus les gens mesurent leur vie à l’aune de ce que gagnent des autres. C’est ce qui expliquerait en partie le fait qu’il faut des salaires plus élevés dans les pays riches pour atteindre un plafond en termes de bonheur lié à l’argent.

Par ailleurs, plus on attache sa valeur au succès économique, plus on fait de comparaisons sociales. Et cela génère plus de stress et d’anxiété[3]. Ainsi, paradoxalement, plus l’argent est important pour un individu et moins il en tirera de satisfaction et de bonheur.

Les effets négatifs de l’argent sur le bonheur

En regardant les résultats des études, on peut se demander pourquoi le bonheur ne continue pas d’augmenter au-delà d’une certaine somme. Selon les chercheurs, la saturation du lien entre argent et bonheur serait liée au fait qu’au-delà d’un certain seuil, les « coûts » associés aux revenus supplémentaires (responsabilités, charge de travail, temps consacré au travail…) seraient plus important que les bénéfices qu’on peut en tirer. Tout ceci peut fortement limiter les opportunités d’expériences positives, et augmenter le stress. Mais attention, ces effets négatifs ne surgissent pas subitement. Il se développent au contraire progressivement, jusqu’à contrebalancer les bénéfices liés à des revenus plus importants.

On comprend alors que si le bonheur peut être « augmenté » grâce à l’argent, cela a un certain coût. Cela est particulièrement vrai une fois qu’on a confortablement dépassé la satisfaction des besoins essentiels (se loger, manger correctement, avoir des loisirs, etc.). Au-delà du plafond, les individus ne peuvent en outre plus augmenter leur capacité à faire ce qui compte pour améliorer leur bien-être émotionnel (passer du temps avec des proches, éviter la souffrance et la maladie, prendre du plaisir dans des loisirs). Du moins, pas grâce à l’argent.

Enfin, lorsqu’on observe les courbes, on constate qu’une fois le seuil du lien maximal entre argent et bonheur dépassé, l’épanouissement aurait plutôt tendance à diminuer avec les revenus supplémentaires. Pour faire simple, gagner « trop » se paye…

Le paradoxe du choix

Un homme face à un choix important de boissons

Avoir trop de choix peut-être contre-productif quand il s’agit de satisfaction et de bonheur !

Une autre limite au lien entre argent et bonheur serait liée aux choix plus importants offerts à ceux qui ont plus de ressources financières. En effet, avoir plus de choix n’est pas nécessairement une bonne chose. Cela peut notamment avoir des conséquences négatives sur les émotions (plus de regrets, moins de satisfaction, etc.)[4].

Si cet effet appelé « paradoxe du choix » se retrouve à tous les niveaux (y compris pour les produits de consommation courante) il est encore plus exacerbé à un haut niveau de revenu. On ne cherche alors plus à avoir une expérience satisfaisante, mais à trouver le meilleur produit ou la meilleure expérience possible. Et cette recherche excessive du « meilleur deal » est contre-productive.

Un lien de cause à effet ?

Petite précision enfin concernant les travaux présentés dans cet article. Ils ne mesurent pas de lien de cause à effet entre argent et bonheur, mais bien la co-occurrence de ces deux aspects. À la question « l’argent permet-il d’acheter du bonheur ? », la réponse est donc clairement non. L’argent et le bonheur sont corrélés, c’est-à-dire que ces deux variables augmentent et baissent ensemble. Ce lien est fort, mais il n’y a pas d’équivalence stricte entre les deux. Ainsi, 100€ de plus par mois ne permettent pas de gagner X « points » de bonheur en plus, et être plus heureux ne fait pas nécessairement gagner plus d’argent. Néanmoins, il est évident que l’argent permet non seulement de financer les besoins essentiels des individus, mais aussi d’offrir certaines opportunités.

L’argent reste donc un facteur, parmi d’autres, qui contribue au bien-être des individus. La génétique, la qualité des relations, la satisfaction au travail, la gestion de ses propres émotions, le milieu d’origine, les relations de couple, l’éducation… sont autant de dimensions qui jouent un rôle dans l’épanouissement personnel. Cependant il est clair que l’argent donne la possibilité de faire certaines choses qui contribuent au bonheur. Encore faut-il le dépenser correctement.

Oui, argent et bonheur sont liés, mais l'argent n'est qu'un facteur parmi d'autres et n'est pas une fin en soi (sinon, il rend plutôt malheureux). Cliquez pour tweeter

 

Comment dépenser son argent pour être plus heureux ?

Tout d’abord, le simple fait d’avoir suffisamment d’argent permet d’éliminer l’anxiété des fins de mois difficiles. Jusqu’ici, nul besoin de stratégies complexes pour organiser ses dépenses.

De plus, des revenus importants atténuent l’impact émotionnel de certaines épreuves (divorces, problèmes relationnels, déceptions, etc.). Néanmoins, on peut légitimement se demander comment dépenser son argent « utilement », une fois les besoins de base satisfaits (manger, se loger, se chauffer, etc.).

Ici, la recherche en psychologie positive nous donne quelques pistes :

  • On tire plus de bonheur de ses achats s’ils consistent à se payer des expériences, plutôt que des objets. De plus, les expériences peuvent créer des souvenirs positifs qu’on pourra se remémorer plus tard.
  • Dépenser son argent pour apprendre de nouvelles choses et développer de nouvelles compétences est une manière efficace d’augmenter son bonheur (ex : acheter un instrument de musique, prendre des cours, tester de nouveaux hobbies, etc.).
  • Dépenser son argent pour les autres procure plus de bonheur que de le dépenser pour soi[5]. Qu’il s’agisse d’associations caritatives ou d’amis, l’argent dépensé de cette manière génère toujours plus de satisfaction.

Autre point d’importance : l’argent peut permettre de se dégager plus de temps. Par exemple, le fait de se payer un lave-vaisselle fera économiser de précieuses minutes au quotidien. Ce temps gagné libérera du temps dans l’année pour faire d’autres choses plus épanouissantes. De même, quand on considère qu’on gagne suffisamment d’argent, on peut décider de gagner moins en se mettant à temps partiel ou en refusant certaines missions pour se « payer » du temps. Mais évidemment, cela n’est pas possible dans toutes les situations et à tous les niveaux de salaire.

 

Une vision plus globale

Pour terminer, prenons un peu de hauteur pour nous hisser au niveau macro-économique. La recherche et l’étude des chiffres montre que le lien entre PIB et bonheur n’est pas linéaire. Au-delà d’un certain seuil, l’augmentation du PIB fait baisser la satisfaction dans la vie. Ainsi, une fois globalement sorti de la pauvreté, un pays ne voit pas le bonheur de ses habitants augmenter.

Cela s’explique assez simplement quand on sait que le PIB prend en compte la production, sans la qualifier. Ainsi, un pays qui produirait plus de pollution, de cigarettes ou de frais d’hospitalisation, verrait son PIB augmenter. Et il est assez évident que ce type de production ne contribue pas positivement au bonheur des populations concernées… A l’inverse, les actions bénévoles, les productions culturelles immatérielles et l’éducation ne produisent pas nécessairement de la richesse mesurable via le PIB. Pourtant, ces activités contribuent fortement à l’épanouissement des individus.

Au niveau macro-économique, on constate donc que le lien entre le bonheur d’une population et l’argent n’est, là aussi, pas linéaire.

 

Conclusions

Infographie sur le lien entre argent et bonheur

Pour retenir l’essentiel, voici une infographie sur le lien entre argent, et bonheur. Faites un clic droit sur l’image puis choisissez « ouvrir dans un nouvel onglet » pour voir le détail de l’infographie.

Vous l’aurez compris en lisant cet article, l’argent ne fait pas le bonheur, mais y contribue. Lorsque l’on gagne suffisamment pour sortir de la pauvreté et de la précarité, on est évidemment moins stressé, et l’impact émotionnel des difficultés du quotidien est amoindri. Au-delà de ces niveaux de revenus, l’argent donne accès à des activités, des opportunités et des expériences qui peuvent rendre plus heureux. Mais même si le lien entre bonheur et revenus est globalement fort, tout dépendra in fine de la manière dont on dépense son argent. De plus, les seuls revenus financiers ne pourront jamais activer tous les leviers du bonheur (les relations sociales de qualité, par exemple, ne s’achètent pas).

Enfin, la manière dont on voit l’argent a aussi un impact sur le bonheur. Pour vous, l’argent est une fin en soi ? Vous voulez absolument gagner plus que les autres ? Il est alors peu probable que des revenus plus importants vous apportent plus d’épanouissement. À l’inverse, si vous voyez le fait de disposer de meilleures finances comme un moyen de vivre de nouvelles expériences, d’avoir plus de liberté et de temps, mais aussi de faire plaisir à ceux qui comptent pour vous, alors vous serez en mesure de tirer un maximum de satisfaction de cet argent supplémentaire.

La recherche le montre donc clairement : le lien entre argent et bonheur est significatif. Mais n’oubliez pas que l’argent n’est pas une fin en soi. Et quand on pense que c’est le cas, il n’est jamais une source de bonheur et de bien-être durable.

 

Références

[1] Kahneman, D. & Deaton, A. (2010). High income improves evaluation of life but not emotional well-being. PNAS, 107(38), 16489-16493.

[2] Jebb, A.T., Tay, L., Diener, E. & Oishi, S. (2018). Happiness, income satiation and turning points around the world. Nature Human Behaviour, 2, 33-38.

[3] Park, L.E., Ward, D.E. & Naragon-Gainey, K. (2017). It’s all about the money (for some): consequences of financially contingent self-worthPersonality & social psychology bulletin, 43(5), 601-622.

[4] Chernev, A., Böckenholt, U., & Goodman, J. (2014). Choice overload: a conceptual review and meta-analysisJournal of consumer psychology, 26(2), 333-358.

[5] Dunn, E.W., Aknin, L.B. & Norton, M.I. (2008). Spending money on others promotes happinessScience, 319(21), 1687-1688.

 

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Bastien Wagener

Docteur en psychologie et Maître-praticien PNL, je suis passionné à la fois par le développement personnel, mais aussi par la recherche sur les capacités et potentialités incroyables de l’être humain!

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Houria
1 année plus tôt

Merci Bastien pour cet article très instructif. Pour contrer la comparaison sociale, la pratique de la gratitude est très efficace.

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