Couverture du livre de John Perry sur la procrastination

Voici la critique du livre sur la procrastination de John Perry : « La Procrastination : pourquoi faire aujourd’hui ce que l’on pourrait remettre à demain ».

 

L’auteur

Photo du philosophe John Perry

John Perry, l’auteur du livre « La procrastination »

John Perry est un philosophe américain, professeur émérite à l’Université de Stanford.  Ses travaux ont notamment porté sur la connaissance de soi. En tant que procrastinateur invétéré, et dans la droite lignée de ses thématiques de recherche, il a écrit cet essai sur la procrastination, très accessible.

 

Le contenu

Dans son livre, John Perry nous parle de procrastination en partant de son expérience personnelle, non sans humour. L’objectif n’est pas ici de développer une méthode complexe et structurée pour venir à bout de la procrastination. Il s’agit plutôt de prendre conscience des avantages (et ils ne sont pas anecdotiques) et des inconvénients de cette habitude comportementale. Évidemment, l’auteur nous distille au passage quelques conseils pour mieux vivre sa procrastination et la dépasser quand le besoin s’en fait sentir. Il aide surtout à relativiser la gravité de la situation via de nombreuses anecdotes amusantes.

Si la lecture de l’ouvrage d’une petite centaine de pages est très aisée et agréable, cet essai apporte néanmoins de précieuses pistes de réflexion.

Présentation du livre

Le livre « La procrastination » s’articule autour de courts chapitres traitant chacun de la procrastination sous un angle différent. L’auteur présente ainsi le concept de procrastination structurée, évoque l’influence des outils numériques, traite du travail collaboratif, etc. Il aborde sujet de multiples manières, toujours avec de nombreuses illustrations et des traits d’humour. Ceci permet au lecteur de progresser dans sa réflexion sur le sujet avec plaisir. On peut au choix consommer cet essai d’une traite, ou au contraire prendre quelque minutes pour lire un chapitre, à l’occasion.

Si vous souhaitez mieux vivre avec votre procrastination tout en étant plus efficace, ce livre est pour vous. Si au contraire vous souhaitez trouver un système très méthodique pour venir à bout de votre procrastination une fois pour toutes, vous risquez sans doute de ne pas trouver votre bonheur dans cet ouvrage.

Voyons quels sont les éléments essentiels à retenir de l’essai de John Perry.

1. La procrastination structurée

L’idée directrice de l’ouvrage est de donner la possibilité aux procrastinateurs de s’épanouir et d’aménager les choses autour de leur procrastination. En effet, celle-ci ne présente pas que des inconvénients. L’auteur insiste cependant sur le fait que dans certains cas la procrastination est le symptôme de problèmes plus profonds qui nécessitent d’être traités directement.

La procrastination structurée proposée par l’auteur a pour objectif de rendre possible l’accomplissement de nombreux projet. Néanmoins, ce système requiert de ne jamais faire exactement ce que l’on est censé faire en priorité. Le but est ici d’organiser la liste des choses à faire pour pouvoir avancer sur plusieurs fronts tout en évitant de faire les choses en tête de liste. Cela permet d’abattre une grande quantité de travail, tout en s’adonnant à la procrastination. À terme, ce qui est en tête de liste sera relégué en bas de liste par des tâches encore plus importantes. Il sera alors temps d’accomplir ce travail.

John Perry explique également très bien le mécanisme de la procrastination. On commence par imaginer produire un travail parfait, ce qui rend la tâche plus impressionnante qu’elle ne l’est en réalité. Ensuite, au fur et à mesure que la date butoir approche, on cherche plutôt à éviter l’échec et on se résout à produire un travail qui ne sera pas parfait (ce qui n’est d’ailleurs jamais ce que les autres attendent de nous).

2. L’organisation et la procrastination

Personne écrivant une liste de choses à faireLa procrastination structurée consiste donc à créer une liste de chose à faire avec en tête de liste une tâche qui semble « ultra-importante » (mais qui au fond ne l’est pas tant que ça). C’est cette dernière qui nous motivera à accomplir des choses à priori moins importantes. Les to-do list peuvent ici être d’une vraie utilité à un procrastinateur, et ce de trois façons différentes :

  • On peut faire une liste de choses simples à faire. Il faut y indiquer des choses que l’on fait spontanément en commençant la journée. Comme on les fait automatiquement ou presque, on démarrera chaque jour avec le sentiment positif d’avoir accompli beaucoup de choses utiles.
  • Découper les tâches très imposantes en des tâches extrêmement simples est une autre stratégie qui permet d’avancer sans être paralysé par des projets d’ampleur.
  • Une autre stratégie consiste à faire une liste de choses à ne pas faire. Il peut par exemple s’agir de chose qui entraînent des comportement de procrastination. En ne faisant pas ces choses, on a néanmoins l’impression d’avancer, puisqu’on évite de procrastiner et qu’on raye ces actions de sa to-do list au fur et à mesure.

L’auteur propose aussi de s’appuyer sur la musique pour relancer sa motivation et se redonner de l’énergie. Cela peut se faire en programmant une playlist motivante au réveil, ou encore en ayant une playlist motivante à portée de main tout au long de la journée, pour faire face aux « coups de mou ».

3. La procrastination et les autres

En équipe, il est intéressant de s’entourer de collaborateurs qui ne procrastinent pas pour que la décision de se mettre au travail nous échappe. Quand cela n’est pas possible, on peut tout de même travailler sur des projets importants avec d’autres procrastinateurs. John Perry conseille dans ce cas de bien répartir les tâches et d’avoir recours à la procrastination structurée pour mener ces projets à terme (avec un peu de retard tout de même).

Un des autres avantages de la procrastination structurée est de voir parfois certaines tâches disparaître de la liste des choses à faire. Cela peut se produire soit parce que le délai est prolongé, soit parce que ce qu’une autre solution a été trouvée, ou encore parce que ce travail n’est plus utile. Cela évite d’avoir travaillé sur quelque chose qui s’est finalement résolu tout seul. C’est alors un gain de temps non négligeable !

« Je veux simplement montrer que la procrastination n’est pas le pire des défauts : elle ne nous empêche pas d’être productifs. Avec un peu de mauvaise foi et d’autosuggestion, nous pouvons même tirer parti de notre tendance à la procrastination. »

(La procrastination, p.98)

 

4. Philosophie de la procrastination

Dans les derniers chapitres du livre, John Perry cherche à voir comment il serait possible de justifier ou de dédouaner le procrastinateur. Pour ce faire, il s’appuie sur les travaux de plusieurs philosophes.

« Le procrastinateur structuré n’est sans doute pas l’homme le plus efficace du monde mais, en laissant libre cours à es idées et à ses énergies, il parvient à accomplir toutes sortes de choses à côté desquelles il serait passé s’il s’était astreint à un régime plus contraignant. »

(La procrastination, p.122)

Vous l’aurez compris, l’objectif de l’ouvrage consiste plus à réconcilier les procrastinateurs avec eux-mêmes qu’à les réformer. L’auteur tourne en dérision les nombreux conseils culpabilisants qui émaillent le web et la littérature de développement personnel.

 

Le format

Cet essai léger et court permet d’appréhender la procrastination autrement. Il apporte à la fois anecdotes, traits d’esprit et pistes pour améliorer sa qualité de vie et sa productivité. Et ce sans pour autant passer de la procrastination la plus pathologique à une productivité hyper rigide.

L’écriture pleine d’humour permet d’introduire de réelles réflexions philosophiques tout en traitant d’un sujet qui pose problème à de nombreuses personnes. L’auteur fait d’ailleurs régulièrement des petites digressions, comme pour illustrer le processus de pensée du procrastinateur qui saute d’un sujet à l’autre pour éviter de faire ce qu’il a à faire.

 

En conclusion

Ouvrage léger dont le format court est à la portée de n’importe quel procrastinateur, « La procrastination : l’art de reporter au lendemain » de John Perry est une bouffée d’oxygène très appréciable ! Même s’il ne permet pas de dépasser tous les problèmes liées à la procrastination, il permet de mieux vivre sa procrastination et d’en tirer parti pour être plus productif. Si vous procrastinez et que le sujet vous intéresse, ce livre est un incontournable !

Où trouver le livre?

Vous trouverez ce livre facilement en version kindle ou en version poche. La version kindle reste la plus économique.

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Bastien Wagener

Docteur en psychologie et Maître-praticien PNL, je suis passionné à la fois par le développement personnel, mais aussi par la recherche sur les capacités et potentialités incroyables de l’être humain!

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