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Le brainstorming inversé

Homme qui tient un objectif d'appareil photo qui montre le paysage à l'envers

Le brainstorming, méthode bien connue mais souvent mal appliquée, est considéré comme une excellente façon de résoudre des problèmes et de proposer des solutions innovantes.

Néanmoins, même quand cet outil est correctement utilisé, il ne permet pas toujours de trouver des solutions pertinentes. Il est parfois difficile pour certains participants de laisser s’exprimer leur fibre créative avec le brainstorming “traditionnel”. De plus, quand les problèmes traités sont très complexes ou bien installés, le fait de “sortir du cadre” pour trouver des solutions nouvelles peut être une vraie gageure.

 

Dans quels cas le brainstorming classique peut-il être insuffisant ?

Il existe de nombreuses alternatives au brainstorming “classique”, quand celui-ci ne permet pas d’atteindre les objectifs fixés. Plusieurs éléments peuvent en effet être sources de blocage :

  • La difficulté pour les participants de se mettre en “mode créatif” au moment planifié.
  • Des idées trop larges, un problème mal défini ou trop complexe.
  • Un manque de connaissances sur le sujet, qui empêche de trouver des solutions pertinentes.
  • Des habitudes de fonctionnement contre-productives installées depuis longtemps.

Quand les participants bloquent et n’arrivent pas à proposer de nouvelles idées, il faut se poser un certain nombre de questions.

Tout d’abord, il faut vérifier que l’on a bien défini le problème à résoudre. Deuxièmement, il faut s’assurer de fournir un niveau d’information minimum sur le sujet avant de proposer une séance d’idéation. Sauf, bien sûr, si le problème est très “accessible” et ne nécessite pas de prérequis particulier.

Si tout cela est parfaitement clair et que le brainstorming n’apporte pas les résultats escomptés, il est alors possible d’avoir recours à de nombreux outils complémentaires. J’ai déjà évoqué le SCAMPER sur le blog, mais on peut tout autant utiliser le brainstorming inversé (“reverse brainstorming” en anglais) pour dépasser les blocages.

 

Qu’est-ce que le brainstorming inversé ?

Le brainstorming inversé, comme son nom l’indique, inverse la logique du brainstorming traditionnel. Au lieu de chercher des idées pour résoudre un problème, on va chercher des manières de créer le problème en question ou de l’aggraver.

C’est en inversant ensuite toutes les idées qu’on trouvera de nouvelles solutions pour résoudre le problème d’origine.

Cet outil est tout à fait indiqué quand :

  • Les participants ont du mal à trouver des idées rapidement.
  • Les participants bloquent et ne savent par quels moyens résoudre le problème posé.
  • On souhaite que les participants expriment leurs préconceptions sur le sujet traité, afin de les évacuer et de passer à une phase plus libre de recherche d’idées.
  • On cherche à faire sortir les participants de leur zone de confort pour qu’ils identifient de nouvelles manières de résoudre un problème

Cette méthode contre-intuitive permet pourtant d’identifier des solutions auxquelles la recherche d’idées classique n’aurait pas abouti.

 

Comment utiliser le brainstorming inversé ?

Comme dans le brainstorming classique, il s’agit ici de chercher la quantité plutôt que la qualité. En effet, plus on a d’idées et plus on a d’options et de perspectives variées pour résoudre le problème.

Là où le brainstorming inversé se démarque, c’est dans le type d’idées recherchées. On va ainsi réfléchir à des solutions pour :

  • Créer le problème qu’on cherche à résoudre à l’origine ;
  • L’aggraver ;
  • Atteindre l’objectif opposé à celui fixé initialement.

Les 5 étapes du processus du Brainstorming Inversé sous forme graphique

Le processus du brainstorming inversé en quelques lignes

Comme dans le brainstorming classique, on commence par formuler un problème. Par la suite, on va inverser celui-ci pour se focaliser sur des solutions qui vont à l’opposé de la résolution du problème originel.

On va alors chercher des idées, comme dans un brainstorming classique, pour répondre à cette problématique inversée.

Une fois qu’on aura généré suffisamment d’idées, on les inversera une par une. On obtiendra alors une collection d’idées qui peuvent être appliquées au problème initial (avant qu’il soit inversé). On terminera la séance en sélectionnant les idées les plus pertinentes.

Les étapes du brainstorming inversé

Cet outil se déroule en 5 étapes distinctes :

  1. Définir le problème. Identifiez clairement le problème à résoudre, et couchez-le à l’écrit. Il s’agit ici du problème réel, qui est l’objectif final de votre séance de travail.
  2. Inverser la logique du problème. Plutôt que de chercher directement des solutions à ce problème, inversez la logique de recherche d’idées. Pour ce faire, posez-vous les questions suivantes : “Comment pourrions-nous créer ce problème ?”, “Comment obtenir l’effet inverse ?”, “Comment aggraver ce problème ?”, etc.
  3. Génération d’idées. Comme dans un brainstorming classique, générez un maximum d’idées. Ici, il s’agit de solutions au problème inversé. Suspendez le jugement, visez la quantité, rebondissez sur les idées des autres et n’hésitez pas à formuler des idées “folles”.
  4. Inverser la logique des idées. Une fois un maximum d’idées générées pour résoudre le problème inversé, prenez chaque idée et inversez-la à son tour.
  5. Évaluation et sélection des idées. Évaluez ces idées, et sélectionnez celles qui vous paraissent les plus pertinentes (n’hésitez pas à combiner des idées entre elles).

Avec cet outil, la première et la dernière étape sont donc similaires à celles d’un brainstorming classique. Ce sont les étapes intermédiaires qui distinguent le brainstorming inversé.

 

Un exemple de brainstorming inversé

Imaginons une équipe qui rencontre des problèmes de communication, source de conflits en interne. Ce problème pourrait être formulé de la manière suivante : “Comment améliorer notre communication pour mieux travailler en équipe ?

Dans le cas du brainstorming inversé, la seconde étape consiste donc à inverser ce problème. On pourra le formuler de la manière suivante : “Comment communiquer de manière moins efficace pour dégrader encore plus notre travail d’équipe ?

Voici quelques idées qui pourraient sortir de la troisième étape, phase de génération d’idées :

  • Garder systématiquement les informations stratégiques pour soi.
  • Envoyer des mails à tort et à travers.
  • Faire en sorte de ne jamais se croiser dans les couloirs.
  • S’adresser la parole uniquement pour parler des choses qui ne fonctionnent pas.

Une fois le sujet pleinement exploré, il s’agit ensuite d’inverser ces idées (pas nécessairement mot à mot) :

  • Communiquer systématiquement les informations stratégiques.
  • Envoyer des mails de manière raisonnée, uniquement si c’est nécessaire et qu’il est impossible d’en parler directement au destinataire du mail.
  • Organiser l’espace pour que tout le monde soit amené à se croiser dans la journée.
  • S’adresser aussi la parole pour souligner ce qui fonctionne bien.

Dans la phase finale d’évaluation, on pourra discuter des idées les plus pertinentes parmi celles générées pour résoudre le problème d’origine, ici “Comment améliorer notre communication pour mieux travailler en équipe ?”. On constatera peut-être que certaines choses sont déjà partiellement mises en place, ou que d’autres choses seraient intéressantes à tester.

 

Conclusions

Le brainstorming inversé est donc un outil tout à fait pertinent pour débloquer des situations. Notamment quand on ne sait plus comment aborder un problème complexe ou une difficulté installée depuis longtemps. Il aide à sortir du cadre en poussant parfois à la caricature dans les solutions proposées. Il permet aussi de créer de réelles prises de conscience, surtout lorsqu’un groupe réfléchit à un produit déjà existant ou à son organisation interne. Les discussions qui émergent lors de la phase de sélection des idées sont alors tout à fait enrichissantes !

Enfin, en inversant la perspective, on découvre parfois, en creux, des solutions tout à fait inédites et innovantes pour répondre au problème traité.

Alors, si vous êtes bloqués et que votre brainstorming, même bien mené, n’aboutit pas à des solutions pertinentes, il est peut-être temps d’aborder le problème à l’envers !

Bastien Wagener
WRITTEN BY

Bastien Wagener

Docteur en psychologie, je suis passionné à la fois par le développement personnel, mais aussi par la recherche sur les capacités et potentialités incroyables de l’être humain !
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BESNARD Grégory
4 années plus tôt

Bonjour Bastien,

Encore un nouvel outil que je mets dans ma besace.
Un grand merci.

Grégory.

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