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Nous passons une grande partie de notre temps à travailler, aussi, il est plus que vital que notre activité professionnelle nous procure de la satisfaction et de l’épanouissement. Mais au-delà des idées reçues partagées sur les réseaux qui résument l’épanouissement au travail au fait de vivre de sa passion ou d’obtenir un très bon salaire, ce domaine reste un sujet complexe qui mérite d’être creusé. La satisfaction au travail contribue en effet de manière conséquente à notre bonheur tout en étant essentielle pour notre productivité.

 

En quoi consiste la satisfaction au travail ?

Même si les définitions évoluent régulièrement en fonction des approches et des domaines de recherche, on peut tout de même s’arrêter sur une définition globale de ce concept. Dès 1976, Edwin Locke1 donne ainsi un bon point de départ pour circonscrire le sujet. Selon lui, la satisfaction au travail est « L’état émotionnel plaisant qui résulte de l’évaluation de son travail comme facilitant ou réalisant ses propres valeurs professionnelles ».

On retrouve dès lors deux composantes dans la satisfaction au travail :

  • l’aspect plaisant, lié aux émotions positives
  • la notion de sens

Cela est à rapprocher de la définition de la satisfaction dans la vie, plus générale, qui regroupe elle aussi l’aspect hédonique (plaisir) et eudémonique (sens).

Pourquoi la satisfaction au travail est importante ?

Néanmoins, on peut se demander en quoi la satisfaction au travail est importante. Certes, être malheureux et travailler dans des conditions délétères n’est bon pour personne. Mais y a-t-il un réel intérêt, une réelle plus-value au fait d’être heureux au travail ? Tant du point de vue de l’employeur que de l’employé, la question est loin d’être superflue, tant notre conception du travail a pu rimer avec efforts et sacrifices pendant des décennies.

Ainsi, certains chercheurs ont voulu savoir si cette notion de sens était cruciale dans l’expérience d’employés2. Ils ont mis en évidence qu’au-delà des besoins essentiels (avoir un salaire pour payer les factures), trouver du sens au travail avait également une influence forte sur :

  • La motivation au travail
  • Le comportement au travail
  • Le fait de limiter l’absentéisme
  • L’engagement
  • L’identification à l’organisation qui nous emploie
  • La carrière
  • La performance individuelle
  • L’accomplissement personnel

Si on se place du côté de l’employeur, on voit bien en quoi l’augmentation de la satisfaction au travail est intéressante. La productivité augmente, les gens sont plus investis dans leur entreprise ou leur organisation, il y a moins de turnover et on obtient plus de résultats3.

Œuvrer pour l’épanouissement et le bonheur dans le cadre professionnel est bénéfique pour tout le monde. Bien entendu, il ne suffit pas de « faire semblant » en usant d’artifices pour faire croire à un véritable investissement dans l’intérêt des employés. D’autre part, même avec les meilleurs efforts, il faut aussi que chaque personne réussisse à trouver un sens à son travail pour que toute démarche allant dans le sens de la satisfaction puisse porter ses fruits. Ainsi, pour que tout ceci fonctionne, il est essentiel de comprendre d’où provient la satisfaction dans le cadre professionnel.

 

D’où vient la satisfaction au travail ?

Avant tout autre critère, c’est la notion de sens qui influence principalement la satisfaction professionnelle. En effet, les gens qui trouvent du sens à ce qu’ils font sont plus satisfaits au travail et ont tendance à travailler plus4.

Cette notion de sens, qui peut aller pour certains jusqu’à la vocation, est d’ailleurs plus liée au « pourquoi » qu’au « quoi ». N’importe quel travail pourra avoir un sens profond pour certains et paraître totalement aliénant à d’autres. Une personne travaillant dans le bâtiment pourra ainsi dire qu’elle « pose des pierres », ou au contraire déclarer qu’elle « construit un hôpital ». Même si tous les autres critères que nous allons voir ont leur importance, sans cette notion de sens, il est impossible de s’épanouir dans un emploi, quel qu’il soit. La satisfaction au travail est donc plus liée à l’interprétation de la situation et des événements qu’aux simples faits.

Une question de défi et de compétences

Un autre aspect important pour prendre du plaisir au travail est lié au « flow« . Ce type d’expériences dites « optimales » se produisent quand on est fortement engagé dans une activité qui nous intéresse en tant que telle, et qui représente un défi élevé qui mobilise pleinement nos compétences. Il est à noter qu’on a souvent plus d’expériences optimales au travail qu’à la maison car le travail a plus de chance de faire appel à de hautes compétences en proposant de véritables défis5. Et ceci est primordial puisque le flow est intimement lié à la notion de bonheur et d’épanouissement personnel.

Ainsi, on peut dire à ce stade que les gens tirent ainsi leur satisfaction au travail de la complexité de ce dernier, du fait de faire appel à des compétences tout en ayant la sensation de faire partie de (et de contribuer à) quelque chose de plus grand4.

Enfin, la notion de défi et de compétences implique que les tâches à réalisées soient suffisamment variées et que chacun dispose d’une certaine autonomie. Si on s’appuie uniquement sur des motivations extrinsèques, voire contraintes et contrôlées, impossible de pleinement s’épanouir au travail. Au-delà de l’aspect motivationnel, il faut également que notre travail développe notre sentiment d’efficacité personnelle (le fait de se sentir efficace, capable d’accomplir des choses).

Des origines multifactorielles

Bien sûr, même si les éléments que je viens d’évoquer son centraux, bien d’autres critères contribuent au bonheur au travail. Certains d’entre eux permettent d’ailleurs de trouver du sens à son travail et de s’y sentir compétent et autonome. D’une manière générale, les chercheurs dégagent ainsi 5 grands aspects qui expliquent la satisfaction au travail5,6 :

  • Les conditions de travail : un environnement coopératif, résilient, ouvert et honnête, avec du feedback constructif et la possibilité d’apprendre. Ceci est fortement lié au leadership en place, qui doit soutenir la motivation des équipes et non l’entraver. La sécurité de l’emploi est également importante et permet de se projeter sur un temps plus long, ce qui renforce le sentiment d’appartenance à l’organisation dans laquelle on évolue.
  • Le salaire et les avantages en nature. Les récompenses, et surtout la reconnaissance, sont aussi à prendre en compte.
  • Les collègues et la communication : le fait de pouvoir être ouvert, collaboratif, en confiance et même de pouvoir s’opposer quand c’est nécessaire. Plus largement, c’est la culture de l’organisation dont on fait partie qui va influencer la satisfaction au travail. Quand cette dernière est clairement définie et explicite, elle participe à l’épanouissement des individus.
  • Le fait que le travail corresponde à nos attentes ou les dépasse. Le fait de pouvoir développer une carrière, de grandir et d’apprendre dans son travail sont tout autant importants que les critères précédents. Cela va de pair avec le fait d’avoir des opportunités et de ne pas tomber dans la monotonie.
  • L’appréciation du travail que l’on accomplit.
  • Enfin, la personnalité de chacun joue également. Tous les rôles et tous les types de postes ne correspondent pas à tout le monde. Il faut que l’emploi que l’on occupe nous permette d’exprimer nos préférences personnelles.

 

Comment augmenter sa satisfaction au travail ?

7 leviers pour augmenter la satisfaction au travailMaintenant que nous cernons mieux ce qui est à l’origine de la satisfaction au travail, la question reste de savoir comment l’augmenter. Faut-il vivre de sa passion pour s’épanouir au travail ? Faut-il nécessairement gagner énormément d’argent et diriger une équipe pour s’épanouir au quotidien ? Selon les études, la réponse est plutôt non. Nous l’avons vu, la satisfaction au travail a des origines multifactorielles, et dépend autant de l’environnement que des préférences personnelles ou de notre perception de la situation. En analysant 60 études de satisfaction au travail, des chercheurs ont identifié plusieurs leviers pour agir en ce sens7. Leviers qui rejoignent ce que d’autres études de psychologie positive ou de psychologie de la motivation ont pu mettre en évidence. En voici 7.

1. Limiter le négatif

Il est parfois bon de rappeler les évidences. Certaines choses anormales nous paraissent en effet acceptables tant on peut être parfois immergé dans une conception du travail dépassée et contreproductive.

Pour améliorer sa satisfaction au travail, il faut donc déjà commencer par limiter les éléments négatifs suivants, autant que faire se peut :

  • les heures supplémentaires excessives
  • un temps de transport quotidien trop long
  • une paye insuffisante
  • une insécurité de l’emploi trop forte

2. Développer son autonomie

Se sentir « aux manettes », autonome, est primordial. Bien entendu, tout le monde n’a pas vocation à être « son propre patron ». Néanmoins, même en étant salarié dans une grosse structure, il est important de disposer de marges de manœuvres, de responsabilités, bref, d’une autonome. Ce n’est qu’à cette condition que notre travail peut générer des expériences de « flow ».

Il faut donc être libre de choisir au moins en partie la manière dont on travaille et de définir clairement ses objectifs. Ceci n’implique toutefois pas de faire les choses « dans son coin ». Disposer d’un feedback régulier et constructif sur ce que l’on fait est ainsi tout à fait indispensable. En clair, il faut pouvoir être proactif. Et parfois, ce sont des à priori ou de simples habitudes qui nous enferment dans une certaine passivité. Prenez donc un peu de hauteur et réorganisez vos tâches et votre manière de travailler si vous avez le sentiment de manquer d’autonomie. Cela peut parfois suffire à réinstaurer une véritable sensation de contrôle.

3. Travailler l’auto-efficacité

L’auto-efficacité ou « sentiment d’efficacité personnelle » est intimement lié à la notion d’autonomie que je nous venons d’évoquer. Au travail, il faut pouvoir progresser et se sentir compétent. Il faut également être en mesure de cultiver l’estime de soi pour générer des émotions positives8. Avec la notion de sens, l’auto-efficacité est sans doute un des éléments les plus importants pour être satisfait au travail. Pour travailler cette dimension de manière spécifique, je vous invite à lire cet article et à écouter cet épisode du podcast.

4. Remettre les choses en perspective : (re)trouver du sens au travail

Nous l’avons vu dès le début de ce billet : même si tous les autres voyants sont au vert, il est possible d’être malheureux au travail si celui-ci n’a pas de sens pour nous. Il faut donc à la fois que notre travail soit stimulant, avec des objectifs clairs et une marge d’autonomie certaine, mais aussi qu’il « signifie » quelque chose. Il faut percevoir notre impact sur le monde, ce que nos tâches professionnelles apportent aux autres, en quoi celles-ci contribuent à changer les choses pour le mieux. Ceci est bien entendu tout à fait subjectif, et tout le monde n’aura pas la même vision de l’utilité de telle ou telle profession.

En dehors de ce recadrage plus large, il faut aussi souligner que le fait de pouvoir faire preuve de bonté ou d’exercer sa gratitude au travail alimente cette notion de sens dans la sphère professionnelle. N’hésitez donc pas à exprimer votre gratitude envers des collègues, des clients ou des collaborateurs externes, dès que cela est possible.

5. Développer ses relations au travail

Qui dit gratitude au travail dit également relations interpersonnelles dans le cadre professionnel. Cultiver de bonnes relations avec ses collègues et passer des moments informels avec eux est important pour être heureux au travail. Sans nécessairement devenir l’ami proche de chaque personne de son organisation, créer des relations plus chaleureuses et humaines, en dehors des tâches qui imposent la collaboration, permet d’être plus efficace et épanoui au quotidien. Les moments extra-professionnels comme les repas ou les « pots » occasionnels après une journée de labeur peuvent aussi être une manière intéressante de créer des relations plus fluides. Ceci favorise la solidarité au travail face quand des difficultés surviennent et génère globalement plus d’émotions positives.

6. Se projeter à long-terme

S’épanouir au travail passe aussi par une vision à long-terme, au-delà des responsabilités quotidiennes. Pour travailler à votre « carrière » et ainsi réfléchir à ce que vous souhaitez pour vous-même d’une manière générale, il faut se projeter dans l’avenir. Pour vous aider dans cette démarche, je vous invite à répondre aux questions suivantes9 :

  • Où vous voyez-vous dans 1 an, 5 ans, 10 ans ?
  • Quel type de compétences voudriez-vous développer ?
  • Qu’est-ce qui est important pour vous dans votre carrière ?

Répondre à ces questions n’est pas simple, mais reste indispensable pour s’épanouir en se fixant des objectifs clairs et mesurables. Néanmoins, ne vous enfermez pas dans une vision linéaire. Aujourd’hui plus que jamais, une carrière (ou un parcours) professionnel se conçoit plus comme un bâtiment à construire bloc après bloc que comme une voie ferrée, identique pour tous.

7. Cultiver la satisfaction en dehors du travail

Dernier point, et non des moindres, pour être plus satisfait au travail il faut également être satisfait… en dehors du travail. L’épanouissement professionnel est une composante du bonheur, mais si toutes les autres dimensions qui participent à notre satisfaction dans la vie sont au plus bas, il sera difficile d’être heureux professionnellement. Pensez donc à explorer tous les domaines de vie pour agir plus globalement sur votre bonheur et votre santé mentale et physique. Votre satisfaction au travail s’en ressentira.

Enfin, sans nécessairement exiger un équilibre parfait et permanent, il faut aussi que vous fassiez de la place aux autres aspects de votre vie pour être heureux au travail. En effet, à long-terme, ne vivre qu’au travers de son rôle professionnel aura forcément des conséquences négatives sur l’épanouissement personnel.

 

Conclusions

Même si on l’entend désormais souvent, suivre une passion n’est pas une recette miracle pour être satisfait au travail7. Tout d’abord, parce qu’il faut déjà disposer d’une passion parfaitement identifiée, ce qui est loin d’être le cas pour tout le monde. Et ce n’est d’ailleurs pas du tout un drame ! De plus, ceci implique souvent de devenir indépendant. Or, tout le monde ne s’épanouit pas nécessairement dans cette situation.

Le fait est qu’il n’y a pas de recette unique pour être heureux dans le cadre professionnel. Les critères de base qui définissent notre satisfaction au travail sont les mêmes pour tout le monde, mais nous ne plaçons pas tous tous les curseurs au même endroit. Par ailleurs, ce qui important pour vous aujourd’hui, ne le sera peut-être pas autant demain. On ne recherche pas les mêmes choses à 25, 39 ou 56 ans. L’essentiel est donc de développer ses compétences dans son job, quel qu’il soit, et d’y trouver du sens. Et si l’argent est important, retenez que ce n’est jamais le critère central pour s’épanouir.

Si votre satisfaction au travail n’est pas au beau fixe, je vous invite donc prendre le temps d’explorer les 7 pistes proposées dans cet article. Si malgré vos efforts les choses ne s’améliorent pas, il sera alors peut-être temps de changer de voie ou plus simplement d’entreprise ou de statut. Mais sachez que quelques changements simples suffisent parfois à s’épanouir bien davantage sans pour autant changer de poste !

 

Références

  1. Locke, E. A. (1976). The Nature and Causes of Job Satisfaction. In M. D. Dunnette (Éd.), Handbook of Industrial and Organizational Psychology (p. 1297‑1349). Rand McNally.
  2. Rosso, B. D., Dekas, K. H., & Wrzesniewski, A. (2010). On the meaning of work : A theoretical integration and review. Research in Organizational Behavior, 30, 91‑127.
  3. Lee, C., Alonso, A., Esen, E., Coombs, J., Mulvey, T., Victor, J., Wessels, K., & Ng, H. (2016). Employee job satisfaction and engagement. The Society for Human Resource Management.
  4. Steger, M. F., Dik, B. J., & Duffy, R. D. (2012). Measuring Meaningful Work : The Work and Meaning Inventory (WAMI). Journal of Career Assessment, 20(3), 322‑337.
  5. Hassard, J., Teoh, K., & Cox, T. (2018). Job satisfaction : Theories and definitions. In OSHwiki. Agence européenne pour la sécurité et la santé au travail.
  6. Kumari, N. (2011). Job satisfaction of the employees at the workplace. European Journal of Business and Management, 3(4), 11‑30.
  7. Todd, B. (2017). We reviewed 60 studies on what makes for a dream job. Here’s what we found. 80000hours.org.
  8. Judge, T. A., Thoresen, C. J., Bono, J. E., & Patton, G. K. (2001). The job satisfaction–job performance relationship : A qualitative and quantitative review. Psychological Bulletin, 127(3), 376‑407.
  9. Heslin, P. A. (2005). Conceptualizing and evaluating career success. Journal of Organizational Behavior, 26(2), 113‑136.
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Bastien Wagener

Docteur en psychologie et Maître-praticien PNL, je suis passionné à la fois par le développement personnel, mais aussi par la recherche sur les capacités et potentialités incroyables de l’être humain!

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