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Faire preuve de bonté et de gentillesse au quotidien n’est pas synonyme de naïveté. C’est non seulement un puissant liant social, mais aussi une composante essentielle du bonheur et de l’épanouissement personnel. En effet, même l’acte de bienveillance le plus désintéressé peut nous procurer de nombreux bénéfices, en plus d’apporter un peu de positif aux autres.

Voyons donc exactement ce que recoupe cette notion de bonté, ce qu’elle apporte concrètement au quotidien et comment la pratiquer de manière constructive.

 

Qu’est-ce que la bonté ?

Contrairement à la notion de bonheur ou de gratitude, la bonté est principalement liée au comportement. En effet, faire preuve de gentillesse consiste à offrir le meilleur de soi aux autres via des actions, ne serait-ce que pour un bref instant. Et ces actes de bonté ont un coût certain pour l’émetteur. Elle se rapproche en cela de l’altruisme, puisqu’il s’agit ici d’agir au bénéfice des autres sans prendre en considération son propre bien-être. Si on raisonne de manière rationnelle et sur un temps court, la bonté n’a donc pas d’intérêt immédiat pour celui qui en fait preuve, bien au contraire. Mais c’est sans compter sur les mécanismes sociaux qui sont au cœur de telles actions.

Aux origines de la bonté et de l’altruisme

La bonté induit une notion de réciprocité, d’échange social. Elle est aussi intimement liée à la gratitude, présente chez les animaux comme chez l’homme. De nombreuses expériences montrent d’ailleurs que cette tendance à aider les autres est innée chez l’être humain1, puisque nous faisons naturellement preuve d’altruisme dès notre plus jeune âge.

Un travail publié en 2020 a par exemple relevé que 60% des enfants de 19 mois partagent spontanément leur nourriture avec un inconnu. Ce taux reste même de 40% quand les enfants ont faim2. Cet altruisme présente évidemment des avantages pour celui qui est aidé, pour l’espèce dans son ensemble (en renforçant la cohésion du groupe et en mutualisant les ressources), mais également pour la personne altruiste, ne serait-ce que par l’amélioration de sa réputation ou au travers du phénomène de réciprocité. Aider les autres, rendre service et de faire preuve de bonté via des actes précis génère ainsi la plupart du temps de la reconnaissance chez l’autre, provoquant alors un cercle vertueux d’entraide. La bonté s’inscrit donc pleinement dans les mécanismes de don et de contre-don identifiés par l’anthropologue Marcel Mauss3.

La bonté en tant que force

Lorsque la bonté relève d’un comportement récurrent et central pour un individu, elle devient une véritable force de caractère. On considère alors qu’elle regroupe les 3 éléments suivants4 :

  • La motivation à être gentil envers les autres
  • La reconnaissance de la bonté chez les autres
  • Le fait d’adopter des comportements de bonté au quotidien

Cependant, il n’est pas pour autant nécessaire de posséder une tendance forte à la gentillesse pour en faire preuve au quotidien ou en tirer profit. Tout le monde peut introduire plus de bonté dans sa vie sans en faire un élément central de sa personnalité.

La bonté en quelques mots

En clair, la bonté nécessite donc non seulement d’être capable de repérer les besoins des autres, mais aussi d’agir5. Ce n’est même qu’au travers d’actions dont l’objectif est d’apporter un bénéfice à autrui que la bonté peut exister6. Bien entendu, cette dernière peut être réciproque, intéressée et plus ou moins élaborée dans ses intentions (en tirer un bénéfice d’image, le faire par principe/parce que c’est en accord avec ses valeurs, attendre un retour, etc.)7.

Cet altruisme naturel est d’ailleurs plus prononcé pour les membres de sa famille et ses proches d’une manière générale. Mais ce n’est qu’en étant plus large que ces effets peuvent pleinement se déployer.

 

Les effets de la bonté

Quels sont donc les effets de la bonté ? Pourquoi, au-delà de considération morales, envisager d’agir avec gentillesse et altruisme ? Tout d’abord, et de façon assez évidente, la bonté a des effets du côté du récepteur. Être la cible de la gentillesse d’autrui peut provoquer des émotions positives plus ou moins fortes, composantes essentielles du bien-être. Ceci d’autant plus qu’on prend le temps d’apprécier de tels actes en faisant preuve de gratitude.

Mais, contrairement à ce que l’on pourrait penser, les effets sont encore plus impressionnants du côté de l’émetteur. On relève par exemple :

  • Une augmentation des émotions positives et une baisse des émotions négatives6
  • La sécrétion d’ocytocine (« l’hormone de l’amour » qui fait baisser la pression sanguine, améliore la santé cardiovasculaire, augmente l’optimisme et l’estime de soi) mais aussi d’endorphines5
  • Un sentiment d’apaisement
  • Un effet anti-dépresseur
  • Une réduction du stress (baisse du cortisol)

Faire du bien aux autres, c’est donc se faire du bien à soi-même. C’est vrai autant physiologiquement que psychologiquement. Mieux, en faisant preuve de bonté, il est fort probable qu’on en devienne plus tard la cible grâce aux mécanismes sociaux naturels et utiles auxquels nous sommes tous soumis. Bien sûr, si un acte de bonté est parfaitement intéressé et donc insincère, cela est la plupart du temps visible. Personne n’en tirera alors vraiment avantage, que ce soit du côté du récepteur ou de l’émetteur.

Mais lorsqu’on intègre cette bonté dans notre quotidien, elle devient un fort adjuvant social. Et ceci augmente fortement les occasions d’éprouver et d’exprimer de la gratitude, dont les effets positifs pourront se cumuler à ceux de la bonté.

 

Comment faire preuve de bonté ?

Travailler sa bonté au quotidien est donc non seulement une manière de faire du bien aux gens autour de nous, mais aussi à nous-même. C’est une démarche dont tout le monde sort gagnant.

L’intervention la plus étudiée sur le sujet en psychologie positive est ce qu’on appelle les « actes de bonté fortuits » (ou « random acts of kindness »). Il s’agit de réaliser des actes de bonté, plus ou moins importants, pendant plusieurs semaines afin de développer son propre épanouissement personnel tout en aidant les autres.

Un acte de gentillesse peut tout autant consister à payer le café de la personne qui nous suit dans la file d’attente, que de tenir la porte à quelqu’un, ou de faire un compliment aux deux premières personnes que l’on croise dans la journée. Voyons en détail comment procéder.

La pratique des actes de bonté au quotidien

Pour commencer à améliorer la vie des autres et la vôtre par la même occasion, vous pouvez réaliser un acte de bonté tous les jours ou plusieurs actes de bonté dans la même journée, sans nécessairement le faire chaque jour8,9.

Résumé de la pratique des actes de bonté fortuitsPar exemple, vous pouvez commencer en réalisant 5 actions de bonté en une journée, une fois par semaine pendant 6 semaines. Le fait que les actes en question soient de petite ou de grande ampleur a peu d’importance. En revanche, cherchez à varier les plaisirs pour que la démarche soit plus efficace. Vos gestes peuvent être à destination de différentes personnes, et celles-ci n’ont pas nécessairement à être au courant de vos actions.

Voici quelques exemples de ce que vous pouvez faire :

  • Payer le stationnement à quelqu’un
  • Donner votre sang
  • Rendre un service à un ami
  • Bloquer les portes de l’ascenseur pour votre voisin
  • Donner des objets dont vous ne vous servez plus
  • Remercier une personne qui vous a apporté quelque chose

Une fois chaque action réalisée, consignez ce que vous avez fait par écrit en une ou deux phrases au minimum. Pensez également à noter votre ressenti pour chaque action. Cela vous permettra de pleinement profiter de tout ce que vous aurez réalisé et d’installer les actes de bonté dans votre quotidien.

Ce que vous pouvez en attendre

Après simplement 7 jours à réaliser des actes de bonté, le bonheur augmente6. Il y a même une relation positive entre le nombre d’actes de bonté et le niveau de bonheur ressenti. C’est pourquoi il peut être plus intéressant d’intensifier les choses en réalisant plusieurs actes de bonté en une journée, une fois par semaine pendant 6 semaines, plutôt qu’en réalisant une petite action par jour pendant 5 jours chaque semaine.

En effet, il faut souvent atteindre une certaine « dose » de bonté dans une seule et même journée pour ressentir pleinement les effets listés plus haut. En « diluant » le même nombre d’actions sur plusieurs jours, l’effet devient moins important, voire indétectable selon la recherche.

Néanmoins, je vous invite à faire vos propres tests et à évaluer ce qui fonctionne le mieux pour vous !

 

Conclusions

La bonté et la gentillesse peuvent réellement changer la journée (voire même la vie) des personnes qui en font l’objet, mais aussi celle de la personne qui prodigue de tels actes.

Bien sûr, il ne faut pas confondre le fait de faire preuve de bonté et le fait se faire abuser. Il n’est pas non plus souhaitable de tenir la comptabilité de tous les actes de bienfaisance des uns et des autres dans une relation. Lorsque l’on tend vers ces extrémités, on n’est plus réellement dans l’acte de bonté, et les effets positifs s’envolent.

On le remarque d’ailleurs assez aisément aux émotions négatives qui émergent alors. Un acte de bonté et de gentillesse ne doit jamais vous procurer de sentiment désagréable, sinon, c’est le signe que d’autres enjeux, plutôt contre-productifs, ont pris le pas.

In fine, si vous souhaitez améliorer le monde que nous partageons tous, pensez à réaliser un petit acte de bonté dès aujourd’hui et à exprimer votre gratitude envers ceux qui font preuve de gentillesse envers vous. C’est aussi par ces petites actions, cumulées, qu’on peut embellir le quotidien de tout le monde !

 

Références

  1. Warneken, F., & Tomasello, M. (2009). The roots of human altruism. British Journal of Psychology, 100(3), 455‑471.
  2. Barragan, R. C., Brooks, R., & Meltzoff, A. N. (2020). Altruistic food sharing behavior by human infants after a hunger manipulation. Scientific Reports, 10(1), 1785.
  3. Mauss, M., & Weber, F. (2012). Essai sur le don : Forme et raison de l’échange dans les sociétés archaïques. Presses Universitaires de France.
  4. Otake, K., Shimai, S., Tanaka-Matsumi, J., Otsui, K., & Fredrickson, B. L. (2006). Happy People Become Happier through Kindness : A Counting Kindnesses Intervention. Journal of Happiness Studies, 7(3), 361‑375.
  5. Mathers, N. (2016). Compassion and the science of kindness : Harvard Davis Lecture 2015. The British Journal of General Practice: The Journal of the Royal College of General Practitioners, 66(648), e525-527.
  6. Curry, O. S., Rowland, L. A., Van Lissa, C. J., Zlotowitz, S., McAlaney, J., & Whitehouse, H. (2018). Happy to help? A systematic review and meta-analysis of the effects of performing acts of kindness on the well-being of the actor. Journal of Experimental Social Psychology, 76, 320‑329.
  7. Exline, J. J., Lisan, A. M., & Lisan, E. R. (2012). Reflecting on acts of kindness toward the self : Emotions, generosity, and the role of social norms. The Journal of Positive Psychology, 7(1), 45‑56.
  8. Lyubomirsky, S., Sheldon, K. M., & Schkade, D. (2005). Pursuing Happiness : The Architecture of Sustainable Change. Review of General Psychology, 9(2), 111‑131.
  9. Aknin, L. B., Barrington-Leigh, C. P., Dunn, E. W., Helliwell, J. F., Burns, J., Biswas-Diener, R., Kemeza, I., Nyende, P., Ashton-James, C. E., & Norton, M. I. (2013). Prosocial spending and well-being : Cross-cultural evidence for a psychological universal. Journal of Personality and Social Psychology, 104(4), 635‑652.

Bastien Wagener

Docteur en psychologie et Maître-praticien PNL, je suis passionné à la fois par le développement personnel, mais aussi par la recherche sur les capacités et potentialités incroyables de l’être humain!

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